13 Kms entre le pic de Brau et Coume Sourde

Vendredi 30 mai 2003, au pic de Brau (décollage à 600m). Il est 15h00 et il n'y a que moi et mon frère Damien au décollage. Le vent et plutôt bien orienté mais les cycles ont l'air très écartés. Le vent tombe parfois pendant 10 minutes. Par contre les cycles sont puissants. Il y a des beaux cumulus un peu partout, sauf ici... Damien fait une première tentative mais n'arrive pas à monter. Il se pose en bas au bout d'un quart d'heure de bagarre avec quelques thermiques inexploitables sur le pierrier. Je vais le chercher et nous remontons au déco.
Cette fois si, c'est à mon tour de tenter le coup. Ma voile est prête. J'attend un petit cycle et je décolle sans attendre, à 16h10. J'opte pour un virage à gauche afin de voir s'il y a de quoi monter dans le secteur du pierrier. Pas grand chose... Un tout petit thermique taquine ma voile au dessus de l'ancienne carrière et mon vario se met à chanter faiblement. Je tente directement d'enrouler cette bulle, sans attendre de trouver mieux. Le début de l'ascension ne paye pas de mine mais au fur et à mesure que je monte, le thermique s'élargit. J'atteinds sans mal les 950m, en dérivant jusque sur la vigie (sommet du pic de Brau). A partir de là, le thermique se scinde en plusieurs noyaux et je passe quelques minutes à faire le yoyo en traversant des zones plus ou moins favorables. J'atteind difficillement les 1050m. Il faut maintenant prendre une décision. Je décide de transiter vers le Sud, en suivant l'alignement des éoliennes. Après un petit kilomètre de glissade (au niveau de là où la piste d'accès descend vers l'Ouest), mon vario me signale quelques chose d'exploitable. J'ai quelques difficultés à centrer la pompe au début, mais je récupère tout de même le gaz perdu pendant la transition. Je perds et retrouve le thermique à plusieurs reprises. Puis il devient de plus en plus facile à centrer. J'enchaîne les tours entre +3 et +4m/s, tout en dérivant doucement vers le Sud. J'atteint 1700m mais le thermique devient turbulent et je décide de partir vers Couiza, en espérant en trouver d'autres sur ma route. Malheureusement, je ne trouve rien d'exploitable mais je plane bien et j'arrive au dessus du Mont Sec à 1500m. Trois options me font désormais hésiter. Je peux aller soit vers Quillan, en m'appuyant sur les versants Ouest de la vallée de l'Aude, soit vers Rennes-le-Château, en espérant trouver du thermique sur le plateau désertique, soit vers le Cardou, en remontant la Salz sur les versants Nord. Je tente la solution du milieu et survole le village de Montazels à 1300m. Mon vario commence à m'indiquer des valeurs peu réjouissantes, du style -3m/s. Je passe au-dessus de Rennes-le-Château à 1000m. Le sol se rapproche et je retrouve les sons et les odeurs de la planète. Un thermique pointe enfin son nez, au milieu du plateau aride. Je suis à 960m (environ 500m/sol...). Je m'applique au maximum pour enrouler cette bulle et mon vario dépasse difficilement 1 m/s. Je met un long moment pour gagner à peine 100m, mais la bataille ayant été longue, je me rend compte que j'ai dérivé sur presque 2kms. J'essaye désormais de glisser le plus loin possible. A partir de La Valdieu, les atterros se font rares et j'ai très peu d'altitude. Je décide donc de faire demi-tour pour poser dans un grand champ à côté de Coume Sourde. Etant un peu euphorique, j'envoi une paire de 360° au taquet jusqu'au sol et je pose avec le sourire...
J'ai fait 13 kms (un peu plus de 15 kms avec 2 points de contournement) en 35 minutes. Cette performance paraît ridicule mais ceux qui connaissent le site savent qu'ici, les kilomètres sont chers. Dommage que j'étais tout seul pour profiter de ces conditions. J'espère qu'il y aura d'autres journées avec autant de potentiel, cet été. Et s'il y en a, ça serait chouette qu'on soit quelques-uns en l'air. A plusieurs, c'est plus rigolo...

Christophe Hac

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